La France, L’Image : voici les deux belles nouveautés de la collection « Philosopher ». Leur point commun ? Montrer clairement comment ce qui se constitue comme un tout, une évidence, une essence, est en réalité le fruit de rapports subtils et en perpétuelle métamorphose, où l’idéologie et la manipulation ont certes leur place, mais aussi, et corrélativement, la possibilité de résistance, d’engagement et de lucidité.
Face à une France essentialisée, cette « Grande Nation » que certains brandissent avec des trémolos dans la voix, Saïd Bouamama se livre à un double travail de déconstruction et de reconstruction. Sa technique, assez jubilatoire, consiste à décortiquer ce qui fait le « mythe français », à pointer ses subterfuges, sa philosophie sous-jacente ; en contrepartie, il propose au lecteur une grille de lecture aux antipodes de ce mythe, grille qui peut agir comme une véritable révélation en ces temps hyper-identitaristes, où il faut être ce que l’on est, et le rester, au lieu d’épouser la fluidité mouvante du monde. C’est où l’« autopsie du mythe national » devient une antidote contre le chauvinisme rampant, et souvent invisible, dans lequel nous trempons depuis trop longtemps… Le dialogue entre Victor Hugo et Alain Finkielkraut est en ce sens éloquent !
Rachida Triki, avec L’Image, nous invite à un voyage étincelant à travers l’art, les médias et la représentation. Sa connaissance de l’esthétique contemporaine et de la culture arabe entre en résonance avec les enjeux de notre époque : de la marchandisation des corps au tournis publicitaire, du conditionnement par l’image à la quête de sens, c’est tout un pan du réel qui est interrogé avec passion et profondeur, et dont le lecteur ne reviendra pas indemne. Mais ébranler notre vision du monde, reconfigurer nos savoirs en y essaimant des points d’interrogation, n’est-ce pas précisément l’une des plus fortes ambitions de la philosophie ? À ce titre, il reviendrait aux lecteurs de La France et de L’Image de dire sur ce blog si ces œuvres ont bel et bien relevé le défi !
Posté le 13 octobre 2008 par Vincent Cespedes dans La Collection |
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Au bac, évitez la copie bulldozer qui martèle d’emblée une réponse à la question sans même l’avoir analysée car on vous demande d’y réfléchir pas de balancer une réponse immédiate ; évitez aussi la copie guimauve qui tourne autour du pot, qui reste complètement vague, sans soulever le moindre problème concret ; évitez la copie fourre-tout qui présente tout ce qu’on a appris sur le thème, même ce qui n’a rien à voir avec le sujet, pas la peine d’exploser la marmite ; ou encore la copie catalogue qui énumère une collection de références sur le sujet sans véritable progression de la réflexion.
Si réfléchir, c’est d’abord se poser des questions, alors commencez par là : pourquoi se poser cette question, que présuppose-t-elle, quels problèmes soulève-t-elle, quelles significations donner aux termes, quelles interprétations peut-on faire de la question. Ouvrez des pistes de réflexion, et pour chaque perspective, défendez-la d’abord, cherchez des arguments solides (aidez-vous de vos lectures philosophiques !) et ensuite, nuancez-la, car d’autres arguments solides les bousculent, alors surgit une autre question et la réflexion doit se poursuivre. et ainsi de suite. jusqu’à ce que vous puissiez clairement conclure.
N’oubliez pas : vous avez des convictions à défendre ! Et pour y parvenir, vous devez autant convaincre par des arguments que cerner la puissance des nuances et des objections possibles.
J-12… êtes-vous prêt ?
Geneviève GRISON
Posté le 3 juin 2008 par Vincent Cespedes dans La Collection |
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Une agora de débats, d’échanges d’idées et de critiques constructives. Un espace interactif de prolongement des livres, où l’on pense les problèmes qui tiennent au cœur et que la philosophie doit faire siens, délaissant la chaire universitaire pour entrer dans la chair du monde d’aujourd’hui. Face aux crises de sens, à la complexité croissante et à la virulence inédite de ses nouveaux obscurantismes, le XXIe siècle sera philosophique ou ne sera pas.
Philosophie, transformation du monde et création de sens doivent désormais aller de pair. Philosophie-expérience, production de concepts mais aussi d’actions et de libertés : voilà le chantier engagé par nos livres et auquel ce site vous invite. Un projet gourmand, collectif, qui en appelle à la passion et à la raison de tous : après la sincérité, la vieillesse, le charme, Mai 68 osons philosopher le bonheur, l’image et pourquoi pas la France !
Posté le 21 mars 2008 par Vincent Cespedes dans La Collection |
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