Bienvenue sur le site de la collection « Philosopher » ! Votre site.
Une agora de débats, d’échanges d’idées et de critiques constructives. Un espace interactif de prolongement des livres, où l’on pense les problèmes qui tiennent au cœur et que la philosophie doit faire siens, délaissant la chaire universitaire pour entrer dans la chair du monde d’aujourd’hui. Face aux crises de sens, à la complexité croissante et à la virulence inédite de ses nouveaux obscurantismes, le XXIe siècle sera philosophique ou ne sera pas.
Philosophie, transformation du monde et création de sens doivent désormais aller de pair. Philosophie-expérience, production de concepts mais aussi d’actions et de libertés : voilà le chantier engagé par nos livres et auquel ce site vous invite. Un projet gourmand, collectif, qui en appelle à la passion et à la raison de tous : après la sincérité, la vieillesse, le charme, Mai 68 osons philosopher le bonheur, l’image et pourquoi pas la France !
Quel adjectif, pour qualifier le livre de Vincent Cespedes (mon ancien élève en histoire) ?
Amusant ? Comme un clash back, parfois, quand l’enseignant pense à ses propres cours sur la question !
Nécessaire ? « La véritable aliénation revient à être pris en otage par l’histoire et sa manie de tout mettre en récit.» Évidemment !
Dérangeant ? « Mai vu par les professionnels de l’histoire est alors un événement dévitalisé. » Pour l’enseignant historien, forcément !
Paradoxal ? « Mai chiffré, déduit, rétrospectivement rationalisé » y compris par Vincent Cespedes qui rationalise aussi, à sa façon. Circularité révolutionnaire obligée ?
Salutaire ? « Le but de Mai n’est pas demain mais maintenant, pas là-bas mais ici, pas l’accomplir mais l’agir, pas l’avoir mais l’être, pas le promettre mais le philosopher. » Mai 1968 n’est pas fini puisqu’un héritier peut en parler ainsi !
Décapant ? « Mai désaliène dans la mesure où il permet un recul critique vis-à-vis du grand récit qui fonde notre identité » Si Mai n’existait pas, il faudrait l’inventer !
Inaccessible ? « Le grand récit : La marche du monde pour les nuls. Trames simplifiées en feuilleton rectiligne ; mythologie inculquée aux masses pour leur simplifier l’obéissance. Le grand récit fonde les aliénations, inclashablement – c’est sa fonction. » Certes, mais c’est la fonction des historiens de reprendre le grand récit, le mettre en doute à la lumière des questions posées ici et maintenant, pour le bousculer, contester, réviser sans jamais pousser le vice à le nier.
« Vieux vivants » ? Comme un enseignant qui diffuse son petit récit à la lumière de ses propres recherches qui… comment dire ? clashe celui-là (de récit !) ?
A Dhiab Rhadia.
Pour approfondir remise en cause des convictions et questionnement, un extrait de Guy Debord ( Disciple de Lefebvre, ne le revendiquant pourtant pas )” Le travail mort coagulé dans la marchandise pétrifie les vivants, transformant le temps en instants interchangeables, dévalisés de toute intensité, purs produits de consommation d’une existence vouée à la vacuité “(in S.Zagdanski” Debord ou la diffraction du temps” Gallimard ).
D’autre part, renvoi à la citation de Lefebvre (Ulrich 2008 )au graffiti de 68 “Mutation lave plus blanc que réforme et révolution “.
L’analyse de Debord, plus tardive, la démarche initiée par Lefebvre, le graffiti, sont d’une brûlante actualité.
Indispensable, donc, de se dégager des “champs” que l’on nous tend, occuper, défricher, ceux que l’on nous occulte avec tant de peur, et ils sont nombreux !
“Mai 68″ est un ouvrage qui t’incite à remettre en question tes convictions. En effet, son auteur nous invite à l’acte de philosopher comme une prise de conscience de ce qui se passe dans le monde actuel. 40 ans sont passés, mais on pose la question: est-ce que nous sommes en besoin d’un acte révolutionnaire semblable à celui de Mai68 ?
C’est quelque chose que je trouve intelligent de vouloir replacer la philosophie comme moteur des changements sociaux. On nous bassine a l’école (et j’y suis encore) avec la connaissance qui est a gobé tel des disques dur sauvegardant des informations qu’on en oublie la réel nécessité des choses. Cette démarche qui est de vouloir réactualiser la philosophie pour la mettre a la portée de tous et d’éviter ce cercle fermé des livres ultra référentiel est , je trouve, salutaire.
Donc merci.
“Homme sans qualités”(Musil), dans cette “Cacanie mondialisée” en voie d’être engloutie par la rapidité des mutations en cours, la philo devient un viatique, une arme de résistance active.Ce fut toujours le cas dans les phases d’intenses évolutions jetant à bas les systèmes de valeurs existant : Montaigne, Spinoza, Diderot, Lefebvre,en ont montré l’exigence.
Il est plus que réconfortant, dans la sombre urgence où nous sommes,de voir Vincent clasher avec une logique philosophique affirmant le cohérence de son engagement existentiel, et ce dans tous ses écrits. On y voit poindre une oeuvre.
Il efface l’écart générationnel, pousuit le combat philosophique de Mai 68 que nous portons, révoltes jamais éteintes.Commment pourraient elles l’être?
Guerres, affrontements,violences,misères généralisées,chaos des pensées, des postures, des actes, traduisent la vitale nécessité de sauver “L’HUMAIN UNIVERSEL” dans cette mutation sans précédent dans l’Histoire.
Comment y parvenir? En réactualisant l’enseignement de Lefebvre, Vincent nous montre des voies, des engagements, sources de nombreux graffitis philosophiques en 68.
Ainsi Lefebvre(Essai de Vincent,p45):”Restez superficiels, c’est à dire à la surface. . .à condition de dire ce qui s’y passe…à condition de le dénoncer incessamment, en toute lucidité,en élucidant.La surface,le superficiel, c’est le quotidien, ce qu’on entend en parlant avec les gens, ce qu’on voit dans leur vie”.Et la conséquence s’imposant:la nécessité de muter, un des objectifs de Lefebvre, repris dans un graffiti:”Mutation lave plus blanc que révolution ou réformes”.
Comment y parvenir? Il suffit d’un écart intèrieur lucide et clashant.On change de territoire existentiel, cette sorte d’état, ce hors jeu(je)éclaire suffisamment, lucidement, pour mesurer l’étendue des agressions violentes contre l’HUMAIN, les destructions de son univers, sans les ZAPPER,l’image suivante, ou la page tournée.
On s’y oxygène, affrontant le retour sans suffoquer, mais armé pour le combat choisi, on ne peut être sur tous les fronts.
Les moteurs existentiels?Les ancrages philosophiques conduisant à l’action quotidienne sous peine de quitter le flux de vie.Et si on est lucide, de s’emmurer dans une posture de fausse sagesse, car déconnectée de l’humain en lutte pous sa survie.
Face aux valeurs négatives de la ” politique de civilisation”, générée par les dynamiques les plus destuctrices de la mutation, un “NON” philosophique et irréductible !
Il y a une sorte de gratuité dans le geste de clasher, que Vincent Cespedes explique dans son livre. Finalement, le clasheur, en te clashant, en dit plus ou autant sur lui-même que sur toi qui te retrouve clashé. C’est plus un cri, l’expression d’une voix. Ce qui fait que le clash n’est pas une réfutation, mais l’expression d’un “deux”. L’expression d’une différence. L’obligation de sortir de son point de vue, de reconsidérer les choses d’une autre manière. Essentiel.
Le clash engage l’autre autant que moi. Après tout la parole de l’un n’a pas pour fonction de faire taire les paroles des autres. Alors je parle, puis on me clashe, c’est le jeu. Pas d’amour propre ni de darwinisme là-dedans. Plutôt une réjouissance de l’éclat des paroles et de la richesse des individualités. Alors merci pour le clash ! ça m’aide à vivre.
Je suis moi-même docteur en philo et lettres, mais la philosophie pure ça me fait vachement suer. On ne l’utilise pas dans des rencontres sauf entre philosophes qui ont lu Wittgenstein, Descartes, Schopenhauer… D’ailleurs surtout ne pas lire les livres sur la philosophie parce que ça c’est la catastrophe, lisez les philosophes eux-mêmes. Si vous voulez savoir ce qui se passe chez Schopenhauer, lisez Schopenhauer.
A ma connaissance je ne connais aucun philosophe qui a terminé son oeuvre, qui a fait un programme politique. Ca n’existe pas. Si il fait ça, il n’est déjà plus philosophe. C’est terminé. C’est la négation même de la philosophie. C’est anti-philosophique.
Sur “Mai 68, la philosophie est dans la rue”, de V. Cespedes.
Bon nombre des directeurs de conscience que nous imposent aujourd’hui les médias et leurs commanditaires sont d’anciens de Mai 68, ces « philosophes » médiatiques qui ont tout renié, et que le reniement, au nom de la modernité, est érigé de nos jours en performance morale, parce qu’il ne convient pas que soit fournie une présentation positive d’un moment historique d’émancipation, le complexe politico-médiatique est mobilisé pour discréditer Mai 68.
C’est parce que Mai 68 entretient dans l’inconscient collectif – en France, mais aussi hors de France – la force transformatrice de l’héritage des Lumières et les évènements qu’elle a engendrés (1789, 1848, 1870) que les néoconservateurs s’emploient à en salir le souvenir, ou à en nier le concept – pour reprendre votre brillante analyse. Merci d’avoir compris Mai 68, cher Vincent. Et d’offrir le clash aux enfants de demain.
“Osez philosopher”, j’aime beaucoup l’esprit de cette collection, le fait qu ‘elle ne soit pas réservée à une élite de penseurs aguerris, mais qu’elle s’efforce d’amener un plus grand nombre de lecteurs, et en particulier des jeunes, sur le terrain de la réflexion et du débat philosophique, en abordant les grands thèmes sociaux et humains par des textes aussi captivants que des romans. Dans le tourbillon effréné du monde qui nous entraîne et nous dépasse, face au stress, aux peurs entretenues, aux injonctions du “travailler plus pour gagner plus” (et donc consommer plus et penser moins !), se réserver du temps pour la lecture, la pensée (penser pour être) devient une question de survie. Encore faut-il pour cela disposer des outils, d’un langage accessible pour que la philosophie descende dans la rue, dans l’agora et qu’elle passionne.
J’apprécie, Vincent Cespedes, que vous nous invitiez à l’aventure philosophique en considérant qu’elle peut partir d’un mot, un mot-clef, un mot-personnage, qui nous ouvre des portes en se déclinant sous toutes ses significations. Etant l’une de vos fidèles lectrices, j’ai appris qu’un mot peut contenir le monde, comme le mot “mélange”, thème de l’un de vos précédents ouvrages, qui nous plonge dans l’histoire de l’humanité, des migrations, des relations sociales et la question de notre rapport aux autres, à la vie et à la mort. De même, “Mai 68″ est un fil conducteur que l’on aurait tort de rompre, tant il a à nous enseigner sur la capacité de l’homme à défendre sa liberté, à ne pas se laisser écraser par les machines à broyer les esprits et les corps, à transformer les choses; on dit que les temps sont plus difficiles et qu’il faut s’en remettre au pragmatisme, revenir à l’ordre; il me semble que la flamme de cette pensée est d’autant plus nécessaire en des temps difficiles. J’ai hâte de découvrir les différentes oeuvres de cette collection et je remercie d’avance leurs auteurs pour leurs pavés dans la mare, car sous les pavés fleurissent de nouveaux horizons.
Pensez-vous que le fait de penser soit pensable ?
Suffit-il de penser pour être ?
Ou faut-il être pour penser ?
Que pensez vous en lisant ces mots ?
Que je pense trop ?
Ou que je ne pense à rien
Pourtant rien c’est beaucoup, même quand on ne pense à rien
Dans rien, il y a de la pensée
Mais est-ce matière suffisante pour penser ?
Pensez donc dirons certains…
Oui allez y pensez et dites ce que vous pensez…
Faites-moi sourire de ces pensées qui traversent votre esprit, là et maintenant.
Penser, raisonner serait-il donné à une “élite”?
Cordialement
Isandre
J’aime cette idée de “débat”….La gourmandise des mos, des idées du partage, seront les pièces maitresses…
Bravo pour cette originalité.
Isandre
Le 21éme siècle est assurément celui des grands bouleversements, des grandes remises en cause qui s’inscrivent dans ce que l’on appelle « La Post-Modernité ». Changer nos habitudes d’enseigner, nos modes de transmission des savoirs et des connaissances, plus qu’une nécessité, est donc, pour nous, une urgence qu’il ne faut plus prendre à la légère. Si nous voulons encore enseigner la philosophie dans nos écoles, il nous faut nous réadapter et sortir de la routine et des vieux schémas classiques en réorientant nos démarches pédagogiques, en rectifiant nos manières de penser la philosophie.
Selon Michel TOZZI, il s’agit en fait, « de rendre la philosophie populaire » (l’expression est de Diderot), « de prendre au mot cette phrase de la philosophie des Lumières pour faire en sorte que le « peuple » s’approprie une capacité de réflexion. Ce qui est une révolution, puisque jusqu’à maintenant on pensait que la philo était une rupture avec l’opinion, le préjugé, donc avec la foule des préjugés et les préjugés de la foule. Et c’est d’autant plus révolutionnaire d’y réfléchir avec des enfants, puisque pendant très longtemps, l’enfant a été déconsidéré comme : Platon en effet voulait commencer la philosophie à 4O ans ; et quand on connaît la moyenne d’âge de vie de l’époque, ne pouvaient philosopher que les « vieillards » à barbe blanche ?
Le professeur émérite Venant Cauchy est décédé dimanche dernier à l’âge de 83 ans ; professeur au département de philosophie de l’Université de Montréal de 1957 à 1993, grand humaniste et spécialiste de la philosophie grecque.
Je viens de lire les Préambules des ouvrages, sur ce site : ça donne envie, mais c’est frustrant ! Quatre styles très différents, quatre ambiances (Stimmung), on sent vraiment qu’on sort du phrasé universitaire, c’est vivant, actuel, et tout de suite ça nous emporte…
La philosophie ne pourra descendre dans le rue que si les gens “habitent” à nouveau la rue, au lieu d’y circuler sans se parler ni même se voir…
Réponse à Valérie et à Caliméro
Chère Valérie, je ne m’étonne guère de cette réaction à Paris IV… J’y ai aussi fait mes études et venant du sud, le conformisme de cette université m’avait glacé. Un conseil, peut-être : restez soi-même est toujours payant… Ne pas perdre de vue sa philosophie de coeur, plus proche de la vérité et peut-être plus loin des doctrines rigides …
Quant à cette idée, Caliméro, je suis assez d’accord sur la “lucidité”.. peut-être pourrait-on y ajouter “la simplicité”… Qu’en pensez-vous ?
Elsa G.
réponse à Tekila : le lien entre les premiers thèmes pourrait être LA CRISE, s’il n’y avait pas le “charme” (je doute que le charme soit une crise, qu’en pensez-vous Jérôme Laurent ?).
Donc, en incluant le charme, ça donnerait : LA LUCIDITÉ.
Vieillesse : lucidité ?
Mai 68 : lucidité ?
Sincérité : lucidité ?
Charme : lucidité ?
Merci aux auteurs de répondre (simple test pour savoir s’ils sont vraiment là, hé hé hé !…).
Oui, osons philosopher !
j’aime l’idée de “gourmandise”, c’est vraiment ça qu’il manque à l’époque actuelle, si terne et si déprimée.
J’avoue qu’une chose me fascine : vos choix de titres pour lancer cette belle collection. On aurait pu s’attendre à des thèmes très classiques, comme “la vérité”, “le temps”, “la morale”, “l’action”, etc. Là, avec “la sincérité”, “le charme”, “la vieillesse”, et “mai 68″, je suis déboussolée et ravie. On est loin, bien bien loin de la philosophie-pour-les-nuls, avec fiches de vocabulaire et Platon en trois leçons, ça fait du bien à la prof de philosophie que je suis et qui lutte pour ne pas être aigrie en ces temps de pénurie.
J’ai passé tout mon week-end à corriger des copies et méditer sur le lien qui pourrait exister entre ces 4 thèmes, et j’ai lu avec “gourmandise” les Préambules de ces 4 premiers opus. Si les internautes ont des idées sur la question, je suis preneuse ! D’ici là, je me repasse vos vidéos en boucle avec délectation. Merci pour votre passion. Salutaire.
belle initiative que ce site !
je suis étudiante en philo à la Sorbonne, Paris 4, licence. c’est affligeant. les étudiants sont d’une arrogance et d’un mépris qui me glacent le sang, ils ont tout mieux compris que les autres, et surtout ils dissertent sur des points particuliers de la doctrine kantienne ou hegelienne mais sont incapables de dire ce qui se passe dans le (vrai) monde. de l’autisme pur !
comment en est-on arrivé là ?
J’ai ajouté un petit lien vers votre site, sur P4P.
Ritoyenne.
Je trouve cette démarche philosophique géniale !! Ce qui mérite de s’appeler philosophie s’incarne dans le réel, dans le monde, dans ce qui est, jamais bien loin des hommes et du monde qu’elle raconte.. mais parfois plus éloignée des bancs de fac !! Ce site est superbe et je lui souhaite une vie agitée et émerveillée… plein de ces pensées qui nous forment et nous informent …
A