La France, l’Image
Face à une France essentialisée, cette « Grande Nation » que certains brandissent avec des trémolos dans la voix, Saïd Bouamama se livre à un double travail de déconstruction et de reconstruction. Sa technique, assez jubilatoire, consiste à décortiquer ce qui fait le « mythe français », à pointer ses subterfuges, sa philosophie sous-jacente ; en contrepartie, il propose au lecteur une grille de lecture aux antipodes de ce mythe, grille qui peut agir comme une véritable révélation en ces temps hyper-identitaristes, où il faut être ce que l’on est, et le rester, au lieu d’épouser la fluidité mouvante du monde. C’est où l’« autopsie du mythe national » devient une antidote contre le chauvinisme rampant, et souvent invisible, dans lequel nous trempons depuis trop longtemps… Le dialogue entre Victor Hugo et Alain Finkielkraut est en ce sens éloquent !
Rachida Triki, avec L’Image, nous invite à un voyage étincelant à travers l’art, les médias et la représentation. Sa connaissance de l’esthétique contemporaine et de la culture arabe entre en résonance avec les enjeux de notre époque : de la marchandisation des corps au tournis publicitaire, du conditionnement par l’image à la quête de sens, c’est tout un pan du réel qui est interrogé avec passion et profondeur, et dont le lecteur ne reviendra pas indemne. Mais ébranler notre vision du monde, reconfigurer nos savoirs en y essaimant des points d’interrogation, n’est-ce pas précisément l’une des plus fortes ambitions de la philosophie ? À ce titre, il reviendrait aux lecteurs de
Caroline et Marie anne ont raison en iinsistant l’une sur la schyzophrénie des discours à propos des USA et de la France à propos des Blacks et des métis et l’autre sur les liens avec le capitalisme mondialisé et destructeur.
Qu’y a-t-il de commun entre la mise en place d’un « ministère de l’identité nationale », l’instauration d’un « prix de l’intégration » et les réactions du gouvernement aux sifflets du stade de France contre l’hymne national ? Nous pensons que tout deux révèlent l’instrumentalisation politique de la question des identités, le production systémique de la peur et de l’inquiétude comme mode de gestion des rapports sociaux et en définitive un communautarisme gouvernemental ayant des effets désastreux sur notre société. Une nouvelle fois les noirs et les arabes de France sont construit comme danger pour la nation, comme population difficilement « intégrable », comme « ennemi de l’intérieur » et/ou « cinquième colonne » d’un danger extérieur ( l’intégrisme, le terrorisme, etc. ).
Le « prix de l’intégration » ou l’humiliation officielle
Les humiliations les plus violentes sont celles qui se voilent d’un discours de reconnaissance. C’est donc par la reconnaissance que commence Brice Hortefeux lorsqu’il nous parle du prix d’intégration : « le prix du parcours d’intégration réussie, qui s’adresse à des personnes physiques et qui permet d’illustrer des réussites d’immigrés dans tous les domaines de la vie sociale » . Il s’agit donc d’illustrer des réussites d’immigrés et de les récompenser par une somme de 3000 euros. Comme au sein d’un salle de classe « l’intégration » se mesure, s’évalue et se récompense. Comme d’habitude l’essentiel est ailleurs, l’explicite ( la reconnaissance de quelques uns) cache l’implicite ( la suspicion sur ceux qui n’ont pas « réussis »). La « réussite » n’est présentée que comme résultat de l’effort individuel et en conséquence « l’échec » ne peut être que la rançon d’un effort insuffisant. La reconnaissance de quelques uns se réalisent au prix d’une violence symbolique et d’une humiliation pour le plus grand nombre. Alors que le même ministère organise une désintégration systématique par le biais d’objectifs chiffrés d’expulsions, il prétend récompenser quelques « bons immigrés ».
Mais l’insulte ne s’arrête pas aux nouveaux arrivés sur le territoire : « l’intégration » des français issus de l’immigration est aussi à l’ordre du jour. Le décret d’instauration du prix de l’intégration est ici explicite : « Il est institué un prix de l’intégration décerné, par le ministre chargé de l’intégration, à des personnes physiques ayant accompli un parcours personnel d’intégration ayant une valeur d’exemplarité de par son implication dans la vie économique, sociale, associative, civique, environnementale, culturelle ou sportive et un prix du soutien à l’intégration décerné à des personnes physiques ou morales qui se sont illustrées pour favoriser des parcours d’intégration de personnes étrangères ou issues de l’immigration. »
Nous sommes en présence d’un compartimentage des français en deux catégories : ceux issus de l’immigration pour lesquels on évalue « l’intégration » permettant de les classer ensuite en « intégré » et « non intégrés » ; les autres qu’on ne désigne pas mais qui sont postulés « intégrés » par généalogie. Formidable logique méritocratique qui n’est rien d’autre que de la diffusion à grande échelle de mépris social et d’humiliation.
Les sifflets du stade de France
« La France m’a lâché » tel est le titre du dernier ouvrage d’Eric Marlière. L’expression exprime à merveille le sentiment qu’éprouvent de nombreux jeunes de milieux populaires et plus particulièrement ceux issus de l’immigration face à la dégradation de leurs conditions d’existences. Depuis plus de trois décennies les processus de paupérisation, de ghettoïsation et d’ethnicisation des rapports sociaux ne cessent de se développer. Les discriminations raciste touchant les jeunes issus de l’immigration et les discriminations en raison du lieu d’habitation touchant l’ensemble des jeunes de milieux populaires font désormais parties de l’expérience de la plupart des jeunes de milieux populaires.
Face à cette situation quel est la réponse du gouvernement du ministère de l’identité nationale ?
Il a répondu par la formule violente et provocatrice : « La France tu l’aimes ou tu la quitte ». Il a mis en scène des exemples de réussites permettant de renvoyer aux seuls efforts individuels la « réussite » de quelques uns et « l’échec » de l’immense majorité. Il n’a cessé d’instrumentaliser les symboles nationaux de la lecture de la lettre de Guy Mocquet, à l’introduction de l’expression « identité nationale » dans le nom d’un ministère, à l’organisation d’un sommet à Vichy sur l’immigration, en passant par un projet de loi sur « l’œuvre positive de la colonisation », à l’annonce par Brice Hortefeux de sa volonté de rendre obligatoire l’apprentissage de la Marseillaise pour les nouveaux immigrés, etc. Bref il a suridéologisé et instrumentalisé les symboles nationaux. C’est cette instrumentalisation qui a été sifflée au stade de France. C’est la mise en scène de « l’intégration réussie » par Laâm qui a été huée. C’est la fait que cette chanteuse se soit prêtée à cette mascarade qui a été rejetée.
Etre en désaccord avec la forme d’expression ne dispense pas de faire l’effort pour en comprendre les causes. Vivre des discriminations racistes est une expérience déjà douloureuse créatrice de la conscience de vivre des inégalités. Se voir renvoyer la responsabilité des conséquences de ces discriminations vécue par la mis en scène de quelques exemples de réussites en est une autre productrice d’un sentiment de négation. Etre construit comme « ennemi de la nation » par l’instrumentalisation des symboles nationaux en est une troisième productrice cette fois ci d’un sentiment d’humiliation. Les sifflets du stade de France sont un résultat de l’instrumentalisation des symboles nationaux dans un contexte d’inégalités massives ou encore une conséquence nécessaire, inévitable, inéluctable de cette instrumentalisation lorsque les autres formes d’expression de la révolte ne sont pas suffisamment disponibles. Comme le souligne Marx à propos d’une autre époque ( celle de Napoléon 3) : « Quand, au sommet de l’État, on joue du violon, comment ne pas s’attendre que ceux qui sont en bas se mettent à danser ? » .
L’élection d’Obama ou la schizophrénie politique
Les réactions à la victoire d’Obama illustrent et révèlent le caractère idéologique des discours sur l’immigration postcoloniale et sur ses enfants français. Ceux qui comme Sarkozy avait tenu à afficher leur proximité avec Georges Bush et Mac Cain déclarent considérer l’événement comme historique. Effectivement elle l’est mais à aucun moment ce constat ne semble les amener à une réflexion sur l’absence de personnes issues de l’immigration à l’assemblée nationale et sur le caractère mono classe et mono couleur de la représentation nationale. Ceux qui considéraient comme signe de communautarisme d’utiliser les termes « noirs », « arabes », « communautés », etc., les utilisent désormais à longueur de médias. Véritable schizophrénie politique que celle qui consiste à accepter des concepts et des notions pour deux pays tous deux industrialisés et héritant tous deux d’une question « raciale » l’un par l’esclavage et l’autre par la colonisation.
Cette schizophrénie n’est pas le signe « d’esprits perturbés » mais le résultats de choix économiques et politiques visant à construire l’immigration postcoloniale et ses enfants français comme « bouc émissaire » masquant les véritables responsabilités de ceux qui paupérisent et affaiblissent les citoyens français. Elle est le résultat de la volonté de construire un « débat écran » empêchant de percevoir la véritable question : la paupérisation de l’ensemble des milieux populaires et en sons sein une paupérisation encore accrue des populations issues de l’immigration postcoloniale. Pour cela il faut diffuser de la peur et l’instrumentalisation des symboles nationaux est l’outil de cette machine à fabriquer de la peur sociale.
Je suis persuadé que l’image sera le nouveau continent que la philosophie ouvrira dans sa pratique actuelle. Longtemps, elle l’a sacrifiée en faveur du concept considéré comme son seul outil sérieux dans son activité réflexive. Rachida Triki, dans ce livre, a montré en quoi l’image peut être un moyen efficace de comprendre et de créer. Le problème c’est que l’image peut devenir objet de manipulation, ce qui est le cas dans plusieurs circonstances. Elle peut aussi cristalliser la haine de l’autre. Dans plusieurs pays, elle sert malheureusement à cultiver l’image des dictateurs. Bref, l’image peut devenir elle-même pouvoir qui s’exerce sur nous parfois même à notre insu. Dans ce cas, faut-il abandonner l’image et revenir au concept ? Ce que j’ai beaucoup aimé dans le livre de Rachida Triki, c’est qu’elle aide le lecteur à comprendre cette situation paradoxale de l‘image en osant aller loin dans la critique de l’usage abusif de l’image pour dénoncer finalement la haine de l’autre que veulent cultiver les manipulateurs et montrer avec force les potentialités créatrices de l’image.
En France, on aime les blacks ou les métis qui réussissent… à l’étranger. Surtout pas chez nous. Obama est donc devenu une icône de l’égalité des chances qu’on est incapable de réaliser chez nous, une sorte de transfert d’un passif, une sorte de compensation de nos actes manqués, de notre malhonnêteté intellectuelle qui ne reconnaît de compétences et de mérite à aucun black ; mérite pouvant lui ouvrir les portes d’un statut honorable dans la sphère de l’excellence.
Bien sûr, le Président de la République français a reconstitué une sorte de squelette de la négation des visages provenant d’ailleurs. Mais, on note d’abord une absence aveuglante : il n’y a aucun homme issu de l’immigration au Gouvernement. Et les trois femmes présentes, Mmes Rama Yade aux Droits de l’Homme, Rachida Dati à la Justice, Fadela Amera à la Ville, sont, au mieux, des cautions et, au pire, des pis-aller. Entre les bébés ministre, la récupération publique et le copinage partisan et marital, on cherche toujours où se trouve le mérite républicain. Mais, on prend.
Aux États-Unis qu’on admire tant en ce moment, ça fait longtemps qu’il y a des gouverneurs noirs, des sénateurs noirs, des maires noirs et les trois gouvernements Bush ont systématiquement présenté un noir calibré selon les normes de la méritocratie républicaine à un poste clé.
Ici chez nous, aucun membre politique noir ou arabe dans les secrétariats nationaux sauf à titre d’exception qui, comme on le sait, confirme la règle. Où sont les maires noirs, les sénateurs noirs, les députés noirs, les présidents de région noirs, les présidents de département noirs, les présidents des communautés d’agglo ou de communes noirs en France ? Zéro. Les partis politiques sont verrouillés et devinez quoi ? Ils adorent un Obama aux Etats-Unis ! Ces mêmes américains à qui la France ne manque pas une occasion de donner une leçon d’humanisme et de coopération républicaine assimilationniste en France en lieu et place du communautarisme “étriqué” américain. L’histoire va trancher cette question, une fois Obama élu.
je reprend le terme de Marie-Anne…”le règne de l’image”…cette expression me fascine…comment une image peut-elle règner ? N’est-elle pas l’opposé du règne, de la stabilité ? L’image n’est-elle pas l’invitée effémère de nos vies ?…non, malheureusement, l’image a son royaume et ses servants sont souvent victimes, manipulés…l’image a quelque chose de vicieux, comme un serpent elle s’introduit dans nos vies, elle conditionne nos pas…Mes paroles sont fortes, mais je crois sincèrement que le traitement de l’image qui est fait aujourd’hui est souvent bien dangereux…L’image doit transmettre l’émotion, cette émotion préfabriquée, de bon ton. L’image doit transmettre le besoin, créer la nécessité et ainsi marcher ensemble, main dans la main avec le capitalisme…
Je vis en Italie…ici l’image est manipulée complètement par le gouvernement et par, pour ne pas le nomer, Monsieur Berlusconi. Il possède les chaines télé, des journaux, il impose ses règles meme sur les chaines publiques…il manipule tout au profit de son avenir politique, économique et judiciaire…l’image devient donc une mare sombre où il est difficile de distinguer la vérité de la fiction…les images populaires italiennes sont celles de femmes à demi nues qui bougent sur des cubes plastiques accompagnant des animateurs, pantins du gouvenement…
L’image et le paraitre politique…cela rappelle quelques mauvais souvenirs…Berlusconi n’apparait que dans son costume bien taillé, sourire blanc assuré, bronzé meme en décembre, implant capilaires,en jogging (car Monsieur est sportif) il travaille son image en permanence…et bien sur, il se montre jeune homme, Don Giovanni de ses dames, il sort en boite, s’amuse avec les jolies filles en public, drague sur les plateaux de télévision…un homme comme tout le monde, non ? Non…
l’image c’est cela aussi, crèer une fausse réalité, créer du vrai avec de l’effémère…créer du quotidien (le quotidien imposant la notion de temps) avec de l’instantané…
je ne sais si je réussis à expliquer clairement les choses, c’est que cela fait longtemps que je n’ose plus philosopher…
merci donc de laisser un peu de place à des apprentis philosophes, ou meme des apprentis de la vie comme moi…:)
Saturation face à Houellebecq et Levy, l’un plastronnant,l’autre avachi dans sa pose de prophète misanthrope.”Discussions d’images creuses et superficielles , sans fond” dit Charles.J’y ajouterai sans fond car ces “discussions” révèlent le vide abyssal de l’enflure de leurs egos , boursouflés par la bulle médiatique.
Dimanche 26, sur Arte ( 13h-13h30 )on put mesurer “l’infini cathodique” séparant leurs “plans médiatiques” de ce que l’”Image” télé pourrait nous offrir si elle répondait à son devoir culturel de Service Public.
Les échanges entre Raphaël Enthoven et Vincent Cespedes nous firent vivre un moment rare de jubilation philosophique, humaine.Leurs égos n’ étaient qu’au service des thèmes soulevés par l’essai de Cespedes “Mélangeons-nous “.
La fluidité dans les questionnements philosophiques fut vécue comme bonheur à partager, allant de soi, pour peu qu’on soit naturellement ouvert à l’accueil de l’Autre.
Leurs déambulations montraient les pensées en actions, sans rien du statisme de l’”homme tronc”.Ils allèrent de Mai 68 à la campagne des présidentielles, analysant au plus juste les dangers de la fusion dans la rencontre, et surtout lorsqu’il s’agit de la foule, chacun y perdant son individualité dans un moule trop malléable.Ce à quoi échappa Mai 68 et permit à la philosophie de donner vie à la Rue , glaçant les appareils politiques et syndicaux.
Leur paisir à goûter l’altérité de leurs “oranges” a été trop fugace.”Altérité de l’orange” car on eut droit à l’analyse d’une photo emblèmatique du 13 mai 68: un étudiant, juché sur des feux de croisements,dominait la marée humaine.Le feu était à l’orange.Beau symbole dont s’empara Vincent pour insister sur la nécessité pour toute vie d’être un questionnement ouvert à tous les passages, toujours en devenir, palpitante.
Je suis sorti comme frustré et heureux de savoir que le festin du mélange allait se poursuivre hors champ .Sa rapidité n’a fait qu’ en accroître son prix.
Une expérience d”Osez philosopher” en prise directe, puissance de l’échange philosophique à l’oeuvre dans la Cité.
Rachida Triki parle-t-elle de l’image des « people » ? Heidegger commença son cours sur Aristote en disant en substance : « Il est né, a vécu, est mort, passons à l’oeuvre », voilà à peu près mon état d’esprit sur les créateurs, dont la création seule s’adresse à la postérité, en l’occurrence à mon cerveau. Houellebecq et Lévy ne sont certes pas Aristote, et leurs vies privées s’inscrivent à bon droit dans la rubrique « people » exponentiellement élargie de nos médias. Je ne consulte pas souvent cette rubrique mais, pour le souvenir que j’en ai tout de même, leur correspondance ne révèle pas grand-chose d’autre que la réitération caricaturale de ces biographies en vitrine. Leur propos ressemble, disons, à une discussion d’étudiants sur la terrasse d’un café en face de la Sorbonne, c’est-à-dire des successions d’approximations et de généralisations où l’on sautille sur les épaules de géants en s’enivrant de la hauteur de vue. Discussion d’images, creuse et superficielle. Sans fond.
Là où le public a sifflé Mlle Laâm chantant la Marseillaise, les décideurs politiques ont vu la Marseillaise sifflée. Là où le public a sanctionné une française « sur la papier » comme on le dit en banlieue, qui se prête au jeu de l’affichage d’une intégration réussie alors qu’il n’en est rien, les décideurs n’ont vu que ce qu’ils pouvaient voir. Là où le public sanctionne cette instrumentalisation de la Marseillaise en guise d’étendard de la Justice et de l’Égalité Républicaines, alors que les siffleurs vivent exactement le contraire : injustice et inégalités chroniques, les décideurs n’ont compris que ce qu’ils voulaient ou pouvaient comprendre. Du reste, le sentiment général est que l’État français n’a rien à voir avec la réussite de Mlle Laâm qui, comme chacun le sait (l’État) soutient mal les artistes. La preuve, la réforme du régime des Intermittents du spectacle qui a secoué la société, il n’y a pas si longtemps.
Deux sujets d’actualité !
Le modèle de civilisation dominant est celui du néocapitalisme basé essentiellement sur des valeurs matérialistes, la recherche du profit, la valeur de l’argent, et le règne de l’image, du paraître, au détriment des valeurs humaines et spirituelles. Dans ce modèle règne la loi du plus fort. Ce modèle fertilise son pouvoir sur le terrain de la mondialisation. Il génère des inégalités croissantes dans le monde et dans chacune des sociétés qui le composent. Il ne sait pas venir à bout de la pauvreté dans le monde ni du désastre écologique qui menace la planète, car les intérêts matériels et particuliers à court terme l’emportent toujours sur l’intérêt général à long terme. Il ne paraît pas non plus rendre les gens plus heureux, contribuer à augmenter le niveau de bonheur des populations, sinon par une éphémère impression de bonheur représentée par l’argent, un pouvoir d’achat, et un chauvinisme artificiellement entretenu que Saïd Bouamama, j’en suis sûre, saura philosophiquement analyser.